Bienvenue dans votre espace PresseAlpesMaritimes

Vous pouvez vous inscrire afin de rédiger des commentaires sur nos articles

Cela ne prend que quelques secondes.

Member Login
Lost your password?
Not a member yet? Sign Up!

Dr Jean-Pierre COHEN : Nouveau traitement du cancer…

26 février 2018
By admin

Du culte de la technique à l’éclosion de l’empathie

Récit intime et vibrant, cet ouvrage livre le témoignage intense et authentique du Docteur Jean-Pierre Cohen, et trace en creux son itinéraire, celui d’un chirurgien chevronné, mais aussi celui d’un homme humble et impliqué.

Un homme qui ne veut plus simplement « réparer » des corps et combattre le cancer et la maladie, mais soigner des personnes, des femmes et des hommes ordinaires, confrontés à des situations extra-ordinaires

Extraits « … Chaque « cas », c’est-à-dire chaque stade de chaque maladie qui relève de mes compétences. Pas de place pour  le patient dans ce duel. Ou plutôt une place accessoire : il est le terrain sur lequel va se dérouler ce duel. Un figurant, en quelque sorte. Ce qu’on ne m’a jamais enseigné, que j’ai fini par comprendre au fil des années, de l’expérience, des succès et aussi des échecs, c’est que nous soignons des patients quand on nous « formate » pour combattre des maladies dans des corps. Dans nos congrès ou nos réunions de service – ce que nous appelions « staff » et qu’on appelle désormais « réunions de concertation pluridisciplinaire » (RCP3) –, c’est de « dossiers » que nous discutons. Un dossier, c’est-à-dire un diagnostic et une classification au sein d’une maladie : un cancer du poumon stade II ou III, par exemple. Avec à la clé, pour chaque « dossier », un traitement « estampillé » par des recommandations de bonne pratique. De bonnes pratiques « techniques ». Mais cet univers met au second plan celui qui est pourtant la pièce majeure de l’échiquier : le patient. Le patient, c’est-à-dire une personne « ordinaire » confrontée à une situation littéralement extra-ordinaire. Et qui doit rester une personne tout au long de l’épreuve qui l’attend, quelle qu’en soit l’issue. La performance technique qui oublie la personne est l’un des écueils de notre pratique. L’autre est celui d’échouer à communiquer, parce que nous oublions à quel point cette communication est inégale, déséquilibrée. Inégale parce que, durant la consultation, l’un est demandeur (le patient), l’autre non (le médecin) ; l’un a peur, l’autre non ; l’un ne comprend pas tout ce qui lui arrive, quand l’autre connaît tous les aspects de la maladie, y compris et surtout son issue probable.

Inégale aussi durant l’hospitalisation, car la « partie » se joue sur un terrain que le médecin maîtrise parfaitement jusque dans ses aspects les plus concrets, alors que le patient doit le découvrir ; le premier est en bonne santé quand le second est malade ; l’un se tient debout, en blouse blanche, parfois entouré de son équipe, quand l’autre est seul, allongé, à peine vêtu. Surtout, l’un est en train de jouer sa vie, l’autre pas ! Cette inégalité engendre des risques de dérapage. »

« … « C’est normal, docteur ? » Question récurrente qui laisse transparaître la peur. Être vraiment « présent »  prendre son temps, choisir ses mots, expliquer une souffrance aident à l’atténuer. Quelques minutes, quelques mots ne remplacent pas la morphine, ou le geste chirurgical, mais peuvent aider à faire face à la douleur, à surmonter la peur (il existe en effet un rapport intime entre la douleur et la peur, l’une potentialisant l’autre dans un cercle vicieux). »

« … C’est aussi par la reconnaissance que j’ai lue dans les yeux de ces patients, de ces familles, que j’ai senti le besoin de parcourir ce chemin. Et d’exprimer ce qui est ma conviction profonde : le contrat qui nous lie, nous les chirurgiens, aux patients ne se résume pas à la seule performance technique, au « protocole » estampillé. Il doit être beaucoup plus large pour être plus efficient. Plus prenant aussi, assurément, mais tellement plus gratifiant. Ce contrat, il m’apparaît aujourd’hui qu’il peut se traduire par ces quelques phrases : « Devant cet accident de la vie qu’est la maladie, je te prends en charge, avec ta souffrance, qu’elle soit morale ou physique. J’allégerai pour toi ce fardeau afin d’en prendre une partie sur mes épaules. Je ferai de mon mieux pour te rendre à ta vie antérieure et à ta famille. Je ne t’abandonnerai pas… »

Tags: , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*